Nouvelle expo à partir du 15 janvier :
la dinanderie ou l’art des batteurs de métal

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14 janvier 2022

Le mot dinanderie vient de la ville de Dinant en Belgique qui fut au Moyen Âge, avec l’ensemble de la vallée de la Meuse, un centre florissant du travail du cuivre et du laiton. La dinanderie désignait alors la fonte du laiton tandis qu’aujourd’hui ce terme recouvre l’art de battre le métal en feuille, essentiellement le cuivre mais aussi l’étain, le maillechort, le laiton, voire même l’acier, et de lui donner forme au marteau.

Si, à l’origine, le travail du cuivre répondait essentiellement à des besoins utilitaires (il fallait fabriquer des chaudrons et des ustensiles de cuisine), au fil du temps, il s’est étendu à la production d’œuvres d’art notamment dans le domaine religieux. Portée aux XIXe et XXe siècles par des artistes de renom tels que Lucien Bonvallet et Claudius Linossier, la dinanderie a enfanté l’un des monuments les plus célèbres au monde – la Statue de la Liberté – avant d’être délaissée au profit de l’emboutissage mécanique. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une poignée à maîtriser ce savoir-faire séculaire réputé pour faire l’éloge de la lenteur.

Un travail de feu et de force

Frappée inlassablement, la feuille de métal plane s’incurve peu à peu, se recroqueville, comme en souffrance, et devient pour longtemps la gardienne des traces de marteau qui font vibrer sa surface. Puis, le feu de recuisson détend et apaise la tôle qui s’apprivoise, dégourdie, reposée. Le rose brillant éclatant du départ fait place à un mat presque minéral, parsemé de paillettes de lumière. Devant cette forme qui interroge et enchante, s’apprécie au bout de l’effort le travail accompli.

Pinceau et chalumeau en main, le dinandier se mue alors en décorateur. Cherchant à colorer le métal grâce à la magie de la patine, il parvient à nous émouvoir d’un éclat inattendu du cuivre ou de l’acier qui donne l’impression que la lumière irradie de la matière sombre.

Cette exposition présente ainsi une sélection de sculptures et d’objets décoratifs en tôle martelée qui immergent le visiteur entre classicisme et modernité : rigueur de la conception, pureté des lignes, plénitude des volumes, jeu subtile des lumières et des ombres, puissance de la construction, délicatesse du modelé. Dans leurs œuvres teintées de brun, de vert, de rouge ou d’or, ces artistes de la rétreinte s’emploient à exprimer la douceur cachée du métal. Notre regard est alors invité à se poser sur des formes apaisantes et qui restituent de façon subtile le rayonnement de la feuille de cuivre.

Les artistes à l’affiche

Paul Balme (Chouzy-sur-Cisse, 41), Fred Barnley (Courchamps, 02), Gérard Beaucousin (Les Montils, 41), Jean-Jacques Bris (Saint-Jean-du-Bruel, 12), Olivier Courtot (Frontenay Rohan-Rohan, 79), Christophe Desvallées (Montaigu-les-Bois, 50), Dominique Folliot (Le Vigen, 87), Mathieu Gillet (Avignon) et Bernard Gonnet (Lescheroux, 01)

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